Inondations au Pakistan : 126 morts au 2 août selon la NDMA

Les pluies de mousson et les inondations qui frappent le Pakistan depuis le 26 juin 2026 ont fait 126 morts et 416 blessés, selon le rapport de situation quotidien n° 38 publié le 2 août par la NDMA, l’autorité nationale pakistanaise de gestion des catastrophes. Les deux provinces les plus touchées sont le Khyber Pakhtunkhwa (55 morts) et le Pendjab (47 morts). Le pic actuel s’explique par une dépression bien marquée venue du sud-est du Rajasthan, qui alimente un épisode pluvieux intense annoncé jusqu’au 4 août.

En bref

  • 126 morts et 416 blessés entre le 26 juin et le 2 août 2026 (source primaire : rapport NDMA n° 38 du 2 août).
  • 57 des 126 victimes sont des enfants, soit 45 % des décès — la donnée la plus lourde du rapport.
  • La première cause de décès n’est ni la noyade ni les crues, mais l’électrocution.
  • Des bilans à 196 morts circulent : ils reposent sur une seule dépêche, contredite par sa propre ventilation provinciale.
  • Aucune alerte mousson ne figure à ce jour sur la fiche « Conseils aux voyageurs » du ministère français des Affaires étrangères, mise à jour le 7 avril 2026.

Le bilan officiel province par province #

Le document de référence est le Monsoon 2026 Daily Situation Report No. 38, daté du 2 août 2026 et diffusé par la National Disaster Management Authority (NDMA), rattachée au cabinet du Premier ministre pakistanais. Il couvre la période allant de 13 h le 1er août à 13 h le 2 août, et consolide le cumul depuis le 26 juin. Voici la ventilation exacte qu’il publie, province par province — pour situer ces territoires, on pourra se reporter à notre carte de l’Asie et de ses capitales.

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Province / territoireMortsBlessés
Khyber Pakhtunkhwa5582
Pendjab (Punjab)47306
Azad Jammu-et-Cachemire105
Baloutchistan (Balochistan)815
Sind (Sindh)58
Gilgit-Baltistan10
Territoire fédéral d’Islamabad00
Total126416

Source : NDMA, Monsoon 2026 Daily Situation Report n° 38, relevé cumulé du 26 juin au 2 août 2026.

Sur les dernières 24 heures couvertes par ce rapport, la NDMA n’enregistre aucun décès et 12 blessés, répartis entre les districts de Chakwal, Sargodha et Faisalabad (Pendjab) et de Tharparkar (Sind). Une accalmie relative, avant l’épisode pluvieux annoncé.

Pourquoi lit-on parfois « 196 morts » ? #

Depuis le 2 août, plusieurs reprises de dépêches font état de 196 morts et 404 blessés. Ce chiffre mérite d’être manipulé avec prudence, pour trois raisons vérifiables :

  • La ventilation provinciale publiée à l’appui de ce bilan de 196 est exactement la même que celle des dépêches annonçant 126 morts : Pendjab 47, Khyber Pakhtunkhwa 55, Sind 5, Baloutchistan 8.
  • L’adresse même de l’article qui titre 196 contient la mention « 126 » — la trace d’un titre modifié après coup.
  • Le rapport primaire de la NDMA du 2 août, lui, écrit 126.

Autre point qui déroute les lecteurs attentifs : la somme 47 + 55 + 5 + 8 donne 115, et non 126. L’écart de onze victimes correspond aux deux territoires que la plupart des dépêches internationales omettent : l’Azad Jammu-et-Cachemire (10 morts) et le Gilgit-Baltistan (1 mort). Le total officiel est donc cohérent : ce sont les reprises qui sont tronquées.

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Enfin, les bilans intermédiaires ne se contredisent pas, ils se suivent : 107 morts et 344 blessés au 27 juillet (Al Jazeera), 122 morts au 1er août (Pakistan Today), 126 morts et 404 blessés le 2 août (Arab News, Express Tribune). Un bilan de mousson bouge chaque jour : sans sa date de relevé, il est inexploitable.

L’électrocution devant les noyades : la donnée que personne ne souligne #

La NDMA classe les causes de décès dans un ordre qui surprend le lecteur français : la première cause est l’électrocution, devant les crues soudaines (flash floods), les noyades, la foudre, puis les effondrements de maisons et les chutes d’arbres. Le rapport n° 38 mentionne aussi, parmi les causes recensées, les chutes de blocs rocheux et les accidents liés aux panneaux solaires.

Cette hiérarchie s’explique par la vulnérabilité des réseaux électriques urbains lors des submersions : câbles à nu, transformateurs de quartier immergés, branchements informels. Les moussons pakistanaises récentes tuent désormais autant en ville, par le réseau, qu’en zone rurale, par l’eau.

La seconde donnée saillante du rapport concerne l’âge des victimes. Sur les 126 décès, la NDMA compte 44 hommes, 25 femmes et 57 enfants. Les mineurs représentent donc 45 % des morts. Chez les blessés, on compte 179 hommes, 100 femmes et 137 enfants.

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« Sous l’influence d’un système dépressionnaire bien marqué qui approche, actuellement situé au-dessus du sud-est du Rajasthan (Inde), avec de forts courants de mousson associés, un épisode humide intense est attendu, avec des précipitations fortes à très fortes sur le Pendjab, les parties centrales et orientales du Sind et l’est du Baloutchistan jusqu’au 4 août. »

— Bulletin de la NDMA, cité par Arab News le 2 août 2026 (traduit de l’anglais).

Gilgit-Baltistan : le mécanisme des GLOF, à part du reste #

Le Gilgit-Baltistan ne compte qu’un mort au bilan national, mais il concentre l’essentiel des destructions matérielles. La raison tient à un phénomène propre aux hautes vallées : les GLOF, pour Glacial Lake Outburst Floods, ou crues de vidange de lac glaciaire. Un lac se forme derrière un barrage naturel de moraine ou de glace ; quand la chaleur accélère la fonte et fait monter le niveau, le barrage cède d’un coup et libère une onde de crue chargée de blocs et de boue.

« Entre le 18 et le 21 juillet, le Gilgit-Baltistan a enregistré des températures sans précédent, entraînant une fonte glaciaire rapide et des épisodes de GLOF dans plusieurs zones », a déclaré Ataur Rehman Kakar, directeur général de l’autorité de gestion des catastrophes du Gilgit-Baltistan (GBDMA), cité le 25 juillet 2026. Le département météorologique pakistanais (PMD) a prolongé son alerte GLOF pour le Gilgit-Baltistan et le Khyber Pakhtunkhwa jusqu’à la première semaine d’août.

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Les données de dégâts de la NDMA confirment ce déséquilibre : sur les 25,36 km de routes et 37 ponts endommagés à l’échelle du pays, le Gilgit-Baltistan à lui seul en concentre 21,94 km et 33 ponts. Si la Karakoram Highway et la route Gilgit-Shandur ont été rouvertes, la Baltistan Road, la route de la vallée d’Astore, la Naltar Highway et la Hisper Road restaient coupées par les coulées de boue et les effondrements de chaussée, isolant des vallées entières pendant plusieurs jours.

Voyageurs français : ce que dit — et ne dit pas — le Quai d’Orsay #

Le Gilgit-Baltistan est la porte d’entrée du trekking pakistanais en été (Hunza, K2, vallée d’Astore), et les dépêches du 25 juillet décrivaient des milliers d’habitants et de touristes bloqués dans les vallées de Hisper, du Diamer, d’Astore et du Ghizer, privés d’eau potable, d’électricité et de moyens de communication. La question du voyageur français est donc légitime. La réponse, à ce stade, est nuancée : la fiche Conseils aux voyageurs — Pakistan du ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères a été mise à jour le 7 avril 2026, et ses « dernières minutes » datent du 4 mars 2026. Elle ne comporte à ce jour aucune alerte spécifique liée à la mousson 2026, aux inondations ou aux GLOF.

Les trois alertes affichées portent sur un tout autre registre : la situation sécuritaire et la perturbation des liaisons aériennes, le risque terroriste, et la pollution atmosphérique à Islamabad et Lahore. Le ministère recommande la plus grande prudence, d’éviter les rassemblements publics et de vérifier l’état des vols auprès des compagnies.

Un voyageur ne doit donc pas conclure de l’absence d’alerte mousson que la situation est normale : la fiche n’a pas été rafraîchie depuis avril. Les informations opérationnelles utiles — routes coupées, alertes GLOF, districts en crue — viennent aujourd’hui de la NDMA et du PMD. Il reste recommandé de s’inscrire sur Ariane et de contacter l’ambassade de France à Islamabad avant tout déplacement en montagne.

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2026, 2025, 2022 : remettre le bilan à l’échelle #

À la même période de l’année, la mousson 2026 est nettement moins meurtrière que la précédente. En 2025, le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA) recensait au moins 739 morts et 978 blessés au 21 août, et la saison s’est finalement soldée par environ 1 037 décès et deux millions de déplacés. La référence absolue reste toutefois 2022, avec plus de 1 700 morts et près de 30 milliards de dollars de dégâts — l’une des catastrophes climatiques les plus coûteuses recensées à l’échelle de l’atlas mondial des 195 pays.

Un rappel de prudence s’impose néanmoins : la mousson pakistanaise court habituellement jusqu’en septembre, et l’essentiel des victimes de 2025 est survenu après le 1er août. Le bilan de 126 morts au 2 août 2026 est donc un bilan d’étape, pas un bilan de saison.

Côté secours, la NDMA fait état, sur la même période cumulée, de 179 opérations de sauvetage ayant permis de secourir 4 162 personnes, dont 2 865 au Khyber Pakhtunkhwa et 788 au Gilgit-Baltistan. Les dégâts aux habitations atteignent 1 119 maisons touchées, dont 352 entièrement détruites, et 508 têtes de bétail perdues.

Questions fréquentes #

Combien de morts font les inondations au Pakistan en 2026 ?

Le rapport de situation n° 38 de la NDMA, daté du 2 août 2026, fait état de 126 morts et 416 blessés depuis le 26 juin. Certaines dépêches avancent 196 morts, mais ce chiffre n’est pas corroboré par la ventilation provinciale ni par le rapport officiel. Ce bilan évolue quotidiennement.

Quelle est la première cause de décès pendant la mousson pakistanaise ?

Selon la NDMA, c’est l’électrocution, devant les crues soudaines, les noyades et la foudre. Viennent ensuite les effondrements de maisons et de toitures et les chutes d’arbres. La vulnérabilité des réseaux électriques en zone urbaine inondée explique cette hiérarchie.

Peut-on encore voyager au Pakistan et faire du trekking au Gilgit-Baltistan ?

La fiche Conseils aux voyageurs du ministère français des Affaires étrangères, mise à jour le 7 avril 2026, ne comporte aucune alerte mousson, mais elle appelle à la plus grande prudence pour des raisons sécuritaires et signale des perturbations des liaisons aériennes. Sur le terrain, plusieurs routes du Gilgit-Baltistan (Baltistan Road, vallée d’Astore, Naltar, Hisper) sont restées coupées et une alerte GLOF du service météorologique pakistanais court jusqu’à la première semaine d’août.

À retenir #

  • Le seul chiffre adossé à une source primaire est celui de la NDMA au 2 août 2026 : 126 morts, 416 blessés depuis le 26 juin.
  • Le bilan de 196 morts en circulation n’est pas recoupé ; l’écart apparent de 115 vs 126 s’explique par l’Azad Cachemire et le Gilgit-Baltistan, souvent oubliés des dépêches.
  • 45 % des victimes sont des enfants et la première cause de décès est l’électrocution, pas la noyade.
  • Le Gilgit-Baltistan concentre les dégâts d’infrastructure via les GLOF, avec 33 des 37 ponts endommagés du pays.
  • Le bilan reste très inférieur à 2025 (739 morts au 21 août) et à 2022 (plus de 1 700 morts), mais la saison court jusqu’en septembre.

Sources #

  • NDMA (Pakistan), Monsoon 2026 Daily Situation Report No. 38, 2 août 2026 — ndma.gov.pk
  • Arab News, Pakistan braces for heavy rains, floods as monsoon death toll rises to 126, 2 août 2026 — arabnews.com
  • The Express Tribune, Monsoon death toll rises to 126 as electrocution tops causes of fatalities, 2 août 2026 — tribune.com.pk
  • Al Jazeera, Death toll from Pakistan monsoon rains, floods tops 100, 27 juillet 2026 — aljazeera.com
  • IANS, Several areas in Gilgit-Baltistan remain cut off after flash floods, 25 juillet 2026 — ianslive.in
  • ONU Info / OCHA, Monsoon floods kill more than 700 in Pakistan, 21 août 2025 — news.un.org
  • Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, Conseils aux voyageurs — Pakistan, mise à jour du 7 avril 2026 — diplomatie.gouv.fr

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